PAM Le grand pari de l'agglomération parisienne |
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Hypothèse d’un modèle spatial
Notre proposition n’est pas un masterplan qui organise les éléments de Grand Paris allant de l’ensemble vers ses composants. Nous proposons à l’inverse une multitude de situations-maquettes, prototypes passés sur des situations concrètes, vrais dispositifs pour la transformation du territoire. Ces extraits de Grand Paris sont traversés par quelques lignes de force : les grands paysages, l’histoire séculaire des lieux ou les champs économiques et technologiques. Ils portent les élements qui constitueront la métropole. Les propositions insistent sur la temporalité et la transformation, sans rejet du résultat des accumulations précédentes, mais sans acceptation passive d’un état des choses. Injecter une dynamique aux situations urbaines données, pour les faire évoluer, et pour les maintenir comme matériau adaptif et ouvert vers l’avenir. Ainsi se développe l’hypothèse d’un modèle spatial souple qui permet de répondre aux défis nouveaux avec les éléments résolument interdépendants de la ville post-Kyoto. La métropole se dépoie alors à travers différentes strates. Paris, corps minéral et cristallin qui s’agrandit de façon concentrique depuis l’Ile de la Cité dès ses origines, imprime sa marque. Ce type de croissance a cependant poussé le centralisme urbain à son paroxysme : engorgement des parties centrales et effets d’éloignement. Autour du dernier cercle de la capitale s’étend la périphérie, une zone diffuse aux épaisseurs et caractéristiques diverses. Grand Paris ensuite, tel que nous le voyons, est multipolaire et ses pôles sont de nature très diverse. Des densités fortes alternent avec des étendues de denité faible.
Les tissus peu denses, perçus aujourd’hui comme banlieue, sprawl, citta diffusa ou encore Zwischenstadt, se transforment en une substance urbaine nouvelle, une sorte de « ville légère». Cette ville légère est flexible, de faible densité et très paysagère. On y trouve des logements, des entreprises de taille moyenne, des écoles et lieux de recherche, de l’agriculture urbaine ainsi qu’un réseau léger mais continu de services, de commerces et de micro-mobilité. La vertu de ce territoire léger est de maintenir l’agglomération dans l’ouverture à un autre possible urbain et de favoriser en même temps le développement des qualités propres de la ville légère telles que la perméabilité, la flexibilité, la dimension paysagère et la capacité de fonctionner comme un poumon vert. Les « pôles intenses » seront reliés entre eux par un réseau rapide et fiable de transports publics. Les tissus légers se connectent aux polarités par un système gradué de micro-mobilité. Les « pôles intenses », compacts et pérennes d’une part, la «ville légère », ouverte et paysagère de l’autre se complètent, se conditionnent et s’alimentent réciproquement. Une tension productive se met en place entre l’intensité forte de chacun des pôles et le territoire environnant léger. Les paysages naturels lieront en même temps Grand Paris sous des formes très variées : nature sauvage, forêts et grands plateaux d’agriculture aux limites, étendues paysagères et agriculture urbaine caractériseront la ville légère comme c’est le cas avec les parcs et jardins de proximités dans les pôles intenses. Les paysages seront des lieux de récréation, de ressourcement et de contemplation, de production alimentaire aussi. Comme élément de purification de l’air et de l’eau, ils seront également des régulateurs climatiques. Les paysages multifonctionnels deviendront ainsi eux-mêmes des éléments de densités, des «intensités vertes». Les fleuves et rivières Seine, Marne, Oise et Essonne constitueront des lieux privilégiés de la régénération et de la transformation urbaine. Les inondations en nombre croissant et plus brutales seront à l’origine de formes urbaines nouvelles. Redonner aux fleuves leurs capacités autonettoyantes et autorégénératives, voilà ce qui fera naître des types de paysages inédits - paysages de rives amples - et traversent l’agglomération parisienne comme un grand trait d’union replié sur lui-même mais ouvert sur un ailleurs. Nous l’appelons Seine Parc. Nous pensons que Grand Paris pourrait alors devenir le laboratoire avancé des questions clefs de la Métropole de l’après-Kyoto :
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